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Chronologie de la guerre de 1812 - De juillet 1812 à septembre 1812

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De juillet 1812 à septembre 1812

Juillet 1812

Arrivée de renforts britanniques à Québec : le 103e régiment, les Royal Artillery Drivers.

 

Le major-général Francis de Rottenburg est nommé commandant de la frontière de Montréal, dans le Bas-Canada.

 

Les autorités du Nouveau-Brunswick négocient des ententes de neutralité avec les Premières nations Peskotomuhkat (Passamaquoddy) et Wolastoqiyik (Malécites).

 

La milice de Prescott, dans le Haut-Canada, prend l'initiative d'ériger une palissade de bois pour protéger une caserne et un magasin ainsi qu'une batterie sur la rive du fleuve Saint-Laurent.

 

Un détachement de miliciens quitte Prescott dans le Haut-Canada à bord d'embarcations et s'empare d'une partie d'une flottille de navires marchands américains partie d'Ogdensburg pour Sackets Harbor, dans l'État de New York.

1 juillet 1812         

Émeute à Lachine, dans le Bas-Canada. Dans un climat d'agitation, des manifestants armés descendent dans les rues pour protester contre les décisions des chefs militaires.

Le service obligatoire dans la milice est très impopulaire parmi les habitants des régions rurales pour qui il importe d'abord de protéger leurs familles et leurs communautés plutôt que la nation. La tension monte peu de temps après le déclenchement de la guerre quand un habitant est mis sous les verrous pour avoir déserté son unité de milice. Un groupe de sympathisants veut empêcher l'arrestation et le lendemain, environ 400 hommes se rassemblent à Lachine, dont la moitié sont armés. Craignant un soulèvement populaire, les autorités s'empressent d'envoyer des troupes et deux canons de campagne provenant de Montréal; ils tirent d'abord des coups de semonce avant de tirer dans la foule déchaînée,  faisant un mort. Les émeutiers protestent vraisemblablement contre l'adoption, illégitime selon eux, de la Loi sur la milice plutôt que contre la guerre en elle-même, car les Canadiens français jouent plus tard un rôle important dans la défense de la colonie.

2 juillet 1812         

Le lieutenant Charles Rolette de la marine provinciale s'empare du navire américain Cuyahoga au moment où celui-ci entre dans la rivière Détroit à Amherstburg, dans le Haut-Canada.

Le 1er juillet, après une marche pénible depuis Dayton, en Ohio, l'armée du Nord-Ouest du brigadier‑général William Hull atteint le lac Érié, ignorant que la guerre a été déclarée le 18 juin. Hull affrète la goélette Cuyahoga Packet et la charge de remonter la rivière avec les bagages, les musiciens et les malades pendant que l'armée continue son chemin à pied jusqu'à Détroit. Le lendemain, tandis que le navire passe devant le chantier naval d'Amherstburg, il est intercepté par une chaloupe de la marine provincial commandée par le lieutenant Charles Frédéric Rolette, qui exige la reddition de la goélette. Les Canadiens, qui étaient au courant du déclenchement de la guerre, trouvent dans les documents officiels et personnels de Hull une foule de renseignements utiles sur la taille de l'armée américaine et son projet d'invasion du Sud-Ouest du Haut-Canada. 

 

Les Britanniques renforcent les ouvrages défensifs le long de la rivière Niagara.

Le 2 juillet, des sentinelles américaines rapportent que des soldats britanniques et des miliciens canadiens ont érigé une puissante batterie d'artillerie derrière le rempart de pierre des hauteurs de Queenston, dans le Haut-Canada, et qu'ils ont coupé les arbres sur la crête. Cette batterie installée dans un redan fait partie d'un réseau de batteries fortifiées, de postes de garde, de camps de huttes, de foyers et de drapeaux de la signalisation qui longe la rivière du lac Érié au lac Ontario. Un poste de surveillance a été construit à l'intérieur des terres sur les hauteurs de Pelham, d'où l'on peut apercevoir les bateaux qui naviguent sur l'un ou l'autre des lacs, et sonner l'alarme. La batterie du redan jouera un rôle déterminant dans la bataille des Hauteurs de Queenston en octobre 1812. Le major-général Isaac Brock et son aide de camp, le lieutenant-colonel John Macdonell, perdront tous deux la vie lors de l'affrontement qui aura lieu à cet endroit stratégique.

3 juillet 1812         

Le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, sir John Coape Sherbrooke,  émet une proclamation ordonnant aux Néo-Écossais de ne pas harceler les habitants du district du Maine et de ne pas perturber leurs activités commerciales.

4 juillet 1812

Les premiers prisonniers de guerre américains sont amenés à la prison de l'île Melville à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Situé dans le bras de mer Nord-Ouest de Halifax, l'île Melville sert de prison aux Britanniques depuis au moins 1803. À l'origine, ils y incarcéraient surtout des prisonniers français capturés pendant les guerres napoléoniennes. Le 4 juillet 1812, les premiers prisonniers américains arrivent. Comme la majorité des quelques 8 000 prisonniers détenus pendant la guerre, il s'agit surtout de membres d'équipage de corsaires saisis et d'un certain nombre de marins capturés à bord de navires marchands et de bâtiments de la marine. Le complexe de détention comprend la prison elle-même, la caserne des soldats, le logement des officiers ainsi qu'un hôpital. Un pont relie l'île à la terre ferme. La plupart des prisonniers qui meurent pendant leur détention sont enterrés sur l'île Deadman tout près. Il reste aujourd'hui peu de traces des bâtiments d'origine du complexe, mais un monument érigé sur l'île Deadman commémore les Américains qui y sont inhumés.

5 juillet 1812

Des batteries américaines situées à Détroit, dans le territoire du Michigan, bombardent Sandwich (Windsor), dans le Haut-Canada, en prélude à l'invasion du brigadier‑général William Hull.

9 juillet 1812 

La nouvelle de la déclaration de guerre atteint St. John's, à Terre-Neuve.

10 juillet 1812

Le lieutenant-gouverneur intérimaire du Nouveau-Brunswick, le major-général George Stracey Smyth, émet une proclamation interdisant aux Néo-Brunswickois de harceler les navires de pêche et de commerce américains dans la baie de Fundy, tant qu'ils mènent des activités pacifiques.

11 juillet 1812

Le corsaire Rossie quitte Baltimore, au Maryland. Au cours des six semaines suivantes, il capturera 18 navires au large des côtes de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve.

12 juillet 1812

Les troupes américaines du brigadier-général William Hull débarquent à Sandwich (Windsor) dans le but d'envahir le Haut-Canada. 

Ayant reçu l'ordre de s'emparer du poste britannique d' Amherstburg , le brigadier-général William Hull quitte Détroit, dans le territoire du Michigan, et traverse la rivière Détroit jusqu'à Sandwich à la tête de son armée du Nord-Ouest, composée de trois régiments de miliciens de l'Ohio et de soldats réguliers du 4e régiment d'infanterie des États-Unis. Leurs adversaires britanniques, canadiens et amérindiens, inférieurs en nombre, opposent peu de résistance. Hull, convaincu que les habitants du Haut-Canada accueilleront les troupes américaines comme des libérateurs, émet une proclamation promettant la mort aux personnes qui résistent et la protection aux personnes qui se rallient à la cause américaine.

16 juillet 1812       

Une escarmouche a lieu à Rivière-aux-Canards, dans le Haut-Canada.

Après avoir pris Sandwich (Windsor) le 12 juillet, le brigadier-général William Hull envoie en reconnaissance une force commandée par le colonel Lewis Cass afin de repérer l'ennemi. Le 16 juillet à Rivière-aux-Canards,  le dernier obstacle naturel d'importance avant Amherstburg , Cass se heurte aux avant-postes britanniques. Dans une manœuvre rapide, il contourne les troupes alliées et ouvre la voie jusqu'à Amherstburg, la principale base britannique dans le secteur. Craignant que Cass ne se soit trop éloigné de la force principale pour obtenir des renforts, Hull lui ordonne de se replier sur Sandwich. L'escarmouche de Rivière-aux-Canards est un combat sans grande importance, mais elle sera le théâtre des premières pertes terrestres de l'armée britannique dans le Haut-Canada : le soldat Hancock du 41e régiment est tué, et son camarade le soldat Dean est blessé et fait prisonnier.

 

Le gouverneur de Terre-Neuve, sir John Thomas Duckworth, arrive à St. John's et ordonne immédiatement l'amélioration des ouvrages défensifs de la ville et la réorganisation de la milice. 

 

Un escadron naval britannique formé des navires HMS Shannon, Africa, Belvidera, Guerrière et Aeolus capture l'USS Nautilus au large du New Jersey. Le Nautilus est le premier navire de la marine américaine pris par les Britanniques pendant la guerre.

17 juillet 1812

Des troupes alliées provenant du fort St. Joseph, dans le Haut-Canada, obtiennent la reddition des Américains au fort Mackinac, dans le territoire du Michigan.

Le fort Mackinac est un important poste de traite des fourrures, et son occupation par les Britanniques consolidera leurs relations avec les Métis et les Premières nations. Tout près, au fort St. Joseph, le capitaine britannique Charles Roberts reçoit une dépêche secrète du major-général Isaac Brock par l'entremise du commerçant de fourrures William McKay, qui a fait le voyage depuis Montréal en seulement huit jours. Brock presse Roberts d'être discret à l'égard des Américains au fort Mackinac et de mettre à profit ses relations avec la Compagnie du Nord-Ouest et les alliances conclues avec les Premières nations. Prenant l'initiative, Roberts rassemble une force composée de guerriers amérindiens, de Métis et de commerçants de fourrures et de 40 soldats réguliers britanniques pour attaquer les Américains occupant le fort Mackinac, lesquels ne sont pas encore au courant du déclenchement de la guerre. Pris par surprise, le commandant américain du fort, le lieutenant Porter Hanks, capitule. Cette victoire sans effusion de sang convainc de nombreux Amérindiens de se joindre aux Britanniques.

18 juillet 1812       

L'USS Constitution échappe à l'escadron britannique composé des navires HMS Shannon, Africa, Belvidera, Guerrière et Aeolus, près de New York.

19 juillet 1812

La ville de Sackets Harbor, dans l'État de New York, est bombardée. Les navires de la marine provinciale tirent sur le chantier naval américain sur le lac Ontario, sans grand succès.

 

Près de Rivière-aux-Canards, dans le Haut-Canada, des troupes américaines affrontent dans une escarmouche des Amérindiens, des miliciens canadiens, des soldats réguliers britanniques et le navire Queen Charlotte de la marine provinciale, ancré dans la rivière Détroit.

25 juillet 1812       

Des troupes américaines et des Amérindiens s'affrontent dans une escarmouche près de Rivière-aux-Canards, dans le Haut-Canada.

31 juillet 1812

Parti d'Angleterre pour Charlottetown, sur l'Île-du-Prince-Édouard, le Royal Bounty est saisi au large de Terre-Neuve par un corsaire américain. Les passagers et les membres d'équipage sont dépouillés et débarqués sur la côte.

 

Le brick Earl of Moira et la goélette Duke of Gloucester de la marine provinciale repoussent une attaque de la goélette américaine Julia et d'une canonnière sur le fleuve Saint-Laurent près d'Elizabethtown (Brockville), dans le Haut-Canada.

Août 1812 

Le corps de Runchey est créé dans le Haut-Canada.

Au début de la guerre de 1812, Richard Pierpoint, ou Pierpont, ancien esclave et vétéran africain de l'unité de loyalistes appelée « Butler's Rangers », propose de lever une troupe d'Africains dans la région du Niagara. Le corps « Captain Robert Runchey's Company of Coloured Men » est finalement créé. Dirigés par des officiers blancs, les sous-officiers et les soldats qui le composent sont tous d'origine africaine. Maintenant âgé de plus de 60 ans, Pierpoint s'enrôle comme soldat. L'unité participe à la bataille des Hauteurs de Queenston et à celle du Fort George et, contrairement à la plupart des unités de la milice, elle suit l'armée britannique lors de la retraite subséquente à Burlington Heights. Cette petite unité d'environ 30 hommes demeure en service jusqu'à la fin de la guerre et construit des ouvrages défensifs à Burlington Heights et au fort Mississauga. Elle est dissoute en mars 1815. 

 

Arrivée de renforts britanniques à Québec : le 1er bataillon du 1er régiment.

Août et septembre 1812

La flottille de la rivière Saint-Jean, composée de 15 bateaux armés et de deux canonnières, est construite et stationnée à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, pour défendre la rivière contre une éventuelle avancée des Américains par le district du Maine.

1 août 1812

Afin de contribuer au financement de la guerre, le Conseil législatif du Bas-Canada reçoit la sanction royale pour une loi favorisant la circulation d'une monnaie de papier spéciale appelée billets de l'armée.

En temps normal, le gouvernement de l'Amérique du Nord britannique importe des devises des États‑Unis. La guerre a pour effet de paralyser ce système, mais il faut quand même des fonds pour défrayer les dépenses militaires. À court de liquidités, le Parlement du Bas-Canada adopte une loi permettant au bureau des billets de l'armée la mise en circulation de monnaie papier pour une valeur de 250 000 livres sterling. Ces billets sont entièrement garantis par le gouvernement et émis en plusieurs dénominations, dont les plus élevées portent intérêts. En 1813, la devise devient monnaie légale dans le Haut-Canada et comme elle est bien accueillie, on en émet pour une valeur maximale de 1,5 million de livres sterling en 1814. De faux billets en provenance des États-Unis sont parfois introduits sur le marché afin de discréditer la devise. Comme ils relèvent de la responsabilité de l'armée, les billets militaires sont progressivement retirés de la circulation après la guerre.

5 août 1812            

Bataille de Brownstown, dans le territoire du Michigan. Le chef shawnee Tecumseh mène une attaque contre une force détachée par le brigadier-général William Hull à la rencontre d'une colonne de ravitaillement provenant de l'Ohio. Les troupes de Hull sont repoussées et rentrent à Détroit sans les provisions.

8 août 1812

Le brigadier-général William Hull retire la plupart de ses troupes du Haut-Canada et les ramène à Détroit, dans le Michigan.

Du 8 août au
4 septembre 1812

 

Le gouverneur général de l'Amérique du Nord britannique, sir George Prévost, et le major-général américain Henry Dearborn négocient un cessez-le-feu.

Le gouverneur général sir George Prévost apprend le 1er août 1812 à Québec, dans le Bas-Canada, que le gouvernement de la Grande-Bretagne offre aux Américains d'abroger ses décrets, sous certaines conditions, et d'entreprendre des négociations de paix. Prévost, qui a adopté une stratégie défensive, propose immédiatement un armistice au major-général Henry Dearborn, officier supérieur du département du Nord. Le général américain n'a pas le pouvoir de conclure un armistice, mais offre tout de même un cessez-le-feu partiel. Cette entente interdit les manœuvres offensives, mais permet aux deux parties de fortifier leur frontière. Toutefois, la nouvelle du cessez-le-feu arrive trop tard à Détroit, dans le territoire du Michigan, pour empêcher la prise de la ville par les Britanniques. Plus tard en août, le président James Madison rejette les propositions de paix de la Grande-Bretagne, qu'il juge insuffisantes, et ordonne à Dearborn de reprendre ses opérations offensives.

9 août  1812

Bataille de Maguaga, dans le Michigan. Les troupes du brigadier-général William Hull stationnées à Détroit attaquent les troupes britanniques, les miliciens du Haut-Canada et leurs alliés amérindiens qui bloquent la ligne de ravitaillement des Américains vers l'Ohio. Les soldats de Hull défont les forces alliées, mais les Américains rentrent à Détroit sans provisions.

 

Le HMS Bream capture un corsaire américain au large de Shelburne, en Nouvelle‑Écosse, blessant deux de ses membres d'équipage.

13 août 1812

Le major-général Isaac Brock arrive à Amherstburg dans le Haut-Canada avec des renforts de troupes régulières britanniques et de miliciens du Haut-Canada, en provenance de Long Point, sur le lac Érié. Des alliés amérindiens dirigés par John Norton et d'autres miliciens du Haut-Canada sont également en route pour Amherstburg.

 

L'USS Essex capture le HMS Alert à l'ouest des Açores, dans l'océan Atlantique. 

15 août 1812

Des troupes régulières britanniques, des miliciens canadiens et leurs alliés amérindiens concentrent leurs efforts sur Détroit, au Michigan. Le major‑général Isaac Brock appelle le brigadier-général William Hull à se rendre. Les Britanniques bombardent Détroit pendant la soirée.

 

Après s'être retirée du fort Dearborn, dans le territoire de l'Illinois, la garnison américaine tombe dans une embuscade tendue par un groupe de Nishnabek (Potawatomi). Tous les membres de la garnison sont tués ou faits prisonniers.

16 août 1812

Le brigadier-général américain William Hull livre Détroit et le territoire du Michigan aux forces du major-général Isaac Brock et du chef shawnee Tecumseh.

Le brigadier-général William Hull, dont la ligne de ravitaillement vers Frenchtown a été coupée par les combats de Brownstown et de Maguaga au début août, voit sa campagne sur la rivière Détroit prendre fin lorsque le major-général Isaac Brock et le chef shawnee Tecumseh arrivent à Détroit en compagnie d'un contingent de soldats réguliers britanniques et de miliciens du Haut-Canada provenant des comtés d'Essex, d'Oxford, de Kent, de Lincoln, de Norfolk et de York. Lorsque Hull refuse de se rendre, des forces alliées composées de 300 soldats réguliers, de 400 miliciens et d'environ 600 guerriers de plusieurs Premières nations, dont des Wyandot, des Anishnabe (Ojibwa) et des Nishnabek (Potawatomi), traversent la rivière à bord de navires de la marine provinciale pour assiéger la ville. Craintif, Hull perd son sang froid et livre l'ensemble de la garnison de 2 000 miliciens et soldats réguliers. Cette victoire consolide la position des Britanniques dans le territoire du Michigan jusqu'au milieu de 1813.

17 août 1812

Arrivée de renforts britanniques à Québec : le 8e régiment.

19 août 1812

Le HMS Guerrière se rend à l'USS Constitution.

Au début de la guerre, la plupart des bâtiments de la Royal Navy sont déployés en Europe pour combattre la France. Par ailleurs, la frégate USS Constitution est plus rapide et mieux armée que toutes les frégates britanniques navigantes alors dans les eaux de l'Amérique du Nord. Commandé par le capitaine Isaac Hull, l'USS Constitution quitte Boston le 2 août 1812 pour patrouiller le secteur au large de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve. Le 19 août, le navire intercepte le HMS Guerrière environ 1 000 kilomètres au sud-ouest du cap Race. Le capitaine britannique, James Dacres, est déterminé à se battre, mais l'affrontement qui s'ensuit cause d'importants dommages à son vaisseau. Puisque la plupart des projectiles tirés par le Guerrière n'ont pas réussi à percer la coque du Constitution, les marins américains donneront à leur navire le surnom de « flancs de fer ». Cette victoire, qui survient tout de suite après la défaite de Détroit, remonte considérablement le moral des Américains.

20 août 1812

Le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, sir John Coape Sherbrooke, remet des lettres de marque aux propriétaires du Liverpool Packet.

Le Liverpool Packet est le corsaire le plus craint de tout l'Amérique du Nord britannique. Les corsaires sont des navires armés dont les propriétaires ont reçu la permission de combattre l'ennemi. Utilisé à l'origine comme vaisseau négrier, le Liverpool Packet est saisi par le HMS Tartarus en 1811 et acheté à Halifax par Enos Collins et ses amis, qui le transforment en corsaire peu après le début de la guerre. Le 11 juin 1813, le navire est capturé par le corsaire Thomas de Portsmouth, au New Hampshire. Les Américains l'utilisent aussi comme corsaire jusqu'à ce qu'il soit repris par le HMS Fantome au large de la côte du Maine le 5 octobre 1813. Acheté de nouveau par le groupe de Collins, le bâtiment reprend son nom de Liverpool Packet. Grâce à lui, ses propriétaires feront fortune : à sa mort en 1871, Collins sera réputé être l'homme le plus riche du Canada.

25 août 1812

La Compagnie des Guides, une unité milicienne de cavalerie, est levée dans le Bas-Canada.

26 août 1812

Le secrétaire américain de la marine, Paul Hamilton, nomme John Mitchell de Philadelphie au poste de représentant américain à Halifax, en Nouvelle-Écosse, afin de superviser l'échange de prisonniers de guerre.

31 août 1812

Le commodore Isaac Chauncey reçoit l'ordre de prendre le commandement des installations navales américaines sur les lacs Ontario et Érié.

Septembre 1812

On décide d'établir une base et un chantier naval à l'Île‑aux-Noix, dans le Bas-Canada.

En septembre 1812, les Britanniques décident de créer un chantier naval pour faire contrepoids à l'établissement maritime des Américains dont les navires de guerre dominent facilement les quelques chaloupes canonnières sur le front Richelieu-Lac Champlain. On choisit l'île aux Noix en raison de son emplacement stratégique pour diriger la navigation sur le Richelieu qui constitue l'accès fluvial le plus aisé pour pénétrer dans le Bas-Canada. Les anciennes fortifications font alors l'objet d'un renforcement en prévision d'éventuelles incursions américaines. La construction maritime au chantier naval atteint son zénith en 1814 au moment de la mise à l'eau du NSM Confiance. Le chantier naval de l'île aux Noix devient pour le Bas-Canada ce que Kingston est pour le lac Ontario et Amherstburg pour le secteur supérieur des Grands Lacs en ce qui concerne la construction navale britannique.

 

Les fortifications de l'Île-aux-Noix et de la rivière Lacolle dans le Bas-Canada sont renforcées.

Dès le début de la guerre, les Britanniques adoptent une stratégie de défense navale et terrestre pour le Haut-Richelieu. Comme la force navale américaine augmente sur le lac Champlain, le gouverneur de Québec, sir George Prévost, ordonne la construction d'un chantier naval ainsi que le renforcement des fortifications de l'île aux Noix afin de prévenir une attaque navale américaine au Bas-Canada. Une importante garnison est postée à cet endroit et un avant-poste est établi sur l'île Ash près de l'embouchure de la rivière Lacolle. Dans le but de contrer une attaque terrestre, un blockhaus de 1782 est reconstruit pour défendre la route menant de l'État de New-York à Montréal, le centre commercial du Canada.

3 septembre 1812

Des guerriers de la nation Kiikaapoi (Kickapoo) attaquent la ville de Pigeon Roost, dans le territoire de l'Indiana. Plus de 20 colons sont tués.

 

Des guerriers des nations Kiikaapoi (Kickapoo), Miami, Nishnabek (Potawatomi), Shawnee et Ho-Chunk (Winnebago) assiègent sans succès le fort Harrison en Indiana.

5 septembre 1812

Le fort Wayne en Indiana est assiégé. Des forces de la nation Nishnabek (Potawatomi) dirigées par les chefs Cinq Médailles (Wonongaseah) et Winnemac investissent sans succès le poste américain.

 

Le fort Madison, dans ce qui sera plus tard le territoire de l'Iowa, est assiégé. Des forces menées par le chef Aigle Noir (Makataimeshekiakiak) échouent dans leur tentative de prendre le poste américain après un combat de trois jours.

16 septembre 1812    

Une escarmouche a lieu près de l'île Toussaint sur le fleuve Saint-Laurent. Des troupes américaines attaquent des bateaux britanniques se dirigeant vers  Prescott dans le Haut-Canada, plus en amont.

Du 16 au 18 septembre 1812

Les Américains lancent des raids contre des villages amérindiens dans l'Ohio et l'Indiana.

18 septembre 1812

Le lieutenant Alexander Macdonald arrive à l'Île-du-Prince-Édouard pour recruter des Écossais des Hautes-Terres catholiques dans le Glengarry Light Infantry. Au moins 32 insulaires répondent à l'appel.

19 septembre 1812

Le major-général George Stracey Smyth rédige des lettres de marque pour le sloop armé Brunswicker, qui aidera le HMS Bream à patrouiller la baie de Fundy et à chasser les corsaires.

21 septembre  1812

 

Les Américains font un raid contre Gananoque, dans le Haut-Canada.

Pendant toute la durée de la guerre, les Britanniques se préoccupent de la sécurité de leurs communications le long du fleuve Saint-Laurent. Leurs craintes se confirment lorsque Gananoque, petit village au bord du fleuve où se trouve un dépôt, est attaqué par le capitaine Benjamin Forsyth, qui commande une compagnie de fusiliers réguliers et de miliciens en provenance de Sackets Harbor, dans l'État de New York. L'alarme est sonnée et environ cent miliciens du village répondent à l'appel, mais après un bref échange de coups de feu, ils prennent la fuite. Les Américains capturent quelques-uns de leurs ennemis et saisissent des armes et des munitions. À la suite du raid de Forsyth, les Britanniques construisent des blockhaus et d'autres fortifications à Gananoque et sur d'autres sites le long du Saint-Laurent.

 

Le 5e bataillon de la milice d'élite du Bas-Canada est levé.

25 septembre 1812

Une expédition menée par le major breveté Adam Muir, composée de guerriers amérindiens, de troupes régulières britanniques et de miliciens du Haut-Canada, se dirige vers le fort Wayne, dans le territoire de l'Indiana. Muir bat en retraite lorsqu'il doit affronter une force importante dirigée par le brigadier-général américain James Winchester près des rapides de la rivière Maumee en Ohio.

28 septembre 1812

Le lieutenant Thomas Macdonough reçoit l'ordre de se rendre au lac Champlain et de prendre le commandement des navires américains qui y sont stationnés.

 

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Chronologie de la guerre de 1812


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Section 5 : De janvier 1813 à mars 1813
Section 6 : D'avril 1813 à juin 1813
Section 7 : De juillet 1813 à septembre 1813
Section 8 : D'octobre 1813 à décembre 1813
Section 9 : De janvier 1814 à mars 1814
Section 10 : D'avril 1814 à juin 1814
Section 11 : De juillet 1814 à décembre 1814
Section 12 : De janvier 1815 à 1871

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