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Chronologie de la guerre de 1812 - De juillet 1814 à décembre 1814

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De juillet 1814 à décembre 1814

Juillet 1814

Les Britanniques terminent la construction du fort George sur les hauteurs surplombant le fort Mackinac, ce qui renforce leur position sur l'île Michilimackinac, dans le territoire du Michigan.

2 juillet 1814

Les Britanniques lancent un raid contre St. Leonard's, au Maryland. Ils détruisent des provisions navales et des résidences.

3 juillet 1814

La campagne américaine de 1814 dans la péninsule du Niagara commence.

Avant l'aube le 3 juillet, l'armée du major-général américain Jacob Brown traverse la rivière Niagara vis‑à-vis le ruisseau Frenchman, juste au nord du fort Érié dans le Haut-Canada. Contrairement à toute attente, le commandant du fort se rend sans résistance. Le commandant britannique affecté à la rivière Niagara, le major-général Phineas Riall, espérait attaquer les Américains tandis qu'ils étaient engagés dans une attaque sur le fort. Il envoie sur place une petite troupe commandée par le major Thomas Pearson, qui rencontre la brigade du brigadier-général Winfield Scott au ruisseau Frenchman le 4 juillet. Pearson, avec l'aide de guerriers amérindiens dirigés par John Norton, effectue une brillante manœuvre de retraite jusqu'à la principale force britannique située au nord du ruisseau Chippawa. À la fin de la journée, les Américains ont avancé de 19 kilomètres seulement et établissent leur camp au sud du ruisseau Street.

5 juillet 1814

Bataille de Chippawa , dans le Haut-Canada.

Une armée d'invasion américaine dirigée par le major-général Jacob Brown affronte les troupes britanniques du major-général Phineas Riall. Chaque camp compte environ 2 000 hommes, mais ce sont les miliciens et soldats réguliers américains et leurs alliés amérindiens qui remporteront la victoire. La principale bataille consiste en un affrontement en terrain découvert de type européen, dans lesquels les Britanniques ont la réputation d'exceller. Cette victoire américaine inspirante est encore aujourd'hui commémorée par les uniformes gris des cadets de l'académie militaire West Point. Cette bataille fera le plus grand nombre de morts de la guerre de 1812 jusqu'alors, soit environ 800 victimes. Le nombre de miliciens canadiens tués ou blessés au cours de l'affrontement est plus élevé que pour toute autre bataille. Un très grand nombre de guerriers amérindiens perdent également la vie dans les deux camps.

 

Une force conjointe de l'armée et de la marine quitte Halifax en Nouvelle-Écosse pour aller envahir les îles de la baie Passamaquoddy, dans le district du Maine.

7 juillet 1814

Le conseil des Haudenosaunee (confédération des Iroquois) se réunit à Burlington, dans le Haut-Canada.

Peu après la bataille de Chippawa, des représentants des Haudenosaunee de l'État de New York (confédération iroquoise) alliés aux États-Unis rencontrent les Premières Nations de Grand River alliées aux Britanniques lors d'un conseil important. Pendant la bataille, des guerriers amérindiens de Grand River et des tributs de l'Ouest ont affronté des Haudenosaunee des communautés onondowahgah (tuscarora) et skaruhreh (seneca). Cette lutte sanglante et fratricide a causé la mort d'environ 26 alliés des Américains et de 90 alliés des Britanniques. Les deux camps sont désemparés par ces terribles pertes et par les combats qui ont opposé parents et amis. Au terme du conseil, la majorité des Haudenosaunee décident d'adopter une position de neutralité pour le reste de la guerre de 1812.

 

Les troupes américaines occupent les hauteurs de Queenston, dans le Haut-Canada. Le village de Queenston, qui a subit des dommages lors de la bataille d'octobre 1812, subit maintenant les conséquences de l'occupation.

11 juillet 1814

La garnison américaine se rend au fort Sullivan, à Eastport (île Moose), dans le district du Maine.

12 juillet 1814

Le HMS Medway capture l'USS Siren au large de l'Afrique du Sud.

18 et
19 juillet 1814

Les Britanniques font une incursion au village de Champlain, dans l'État de New York.

19 juillet 1814

Des troupes américaines incendient St. Davids, dans le Haut-Canada, à la suite d'un combat acharné contre la milice locale.

Après la bataille de Chippawa, l'armée américaine s'avance sur Queenston, dans le Haut-Canada. Des équipes d'approvisionnement sont envoyées pour réquisitionner des provisions, et leur pillage excessif met les habitants du secteur en furie. Le 18 juillet, une force de miliciens de New York dirigée par le colonel Isaac Stone est attaquée près de St. Davids. Les Américains, qui s'attendaient pourtant à rencontrer de la résistance, ont peine à s'en tirer vivants. Ils reviennent le lendemain et détruisent tout le village. Stone sera renvoyé de l'armée en raison de cet incident, qui marque un tournant dans l'attitude de bien des habitants à l'égard des Américains et de leur brutalité croissante. Les miliciens locaux, qui préféraient autrefois éviter le service militaire ou même se rendre aux Américains, prennent maintenant les armes pour assurer leur propre défense.

 

Les Britanniques et leurs alliés amérindiens prennent Prairie du Chien, dans le territoire du Wisconsin.

Prairie du Chien, un petit poste de traite des fourrures au confluent du fleuve Mississippi et de la rivière Wisconsin, est occupé par des Canadiens français et géré par des marchands britanniques. Le 2 juin 1814, le gouverneur du territoire du Missouri, William Clark, craignant que les Britanniques n'utilisent le poste pour lancer une expédition sur le fleuve Mississippi, prend le contrôle de l'établissement sans incident et fait construire le fort Shelby. Sous la direction de William McKay, un important marchand de fourrures, une force d'environ 120 voyageurs, membres des Michigan Fencibles et officiers du département britannique des Indiens, accompagnée de plus de 500 guerriers de plusieurs nations dont les Ho-chunk (Winnebago), les Menominee et les Anishnabe (Ojibwe), se met en route pour le poste dans le but de le reprendre. Les Américains, qui ne disposent que de 60 hommes et d'une petite réserve de munitions pour défendre le poste, se rendent après un bref siège, et sont libérés sous conditions.

 

Les soldats d'infanterie de la marine britanniques prennent la ville de Leonard (Leonardtown), au Maryland, qui n'oppose aucune résistance. Ils saisissent des provisions et détruisent des entrepôts militaires.

20 juillet 1814

Les Américains lancent un raid sur Port Talbot, dans le Haut-Canada.

 

Le fort St. Joseph dans le Haut-Canada est incendié. L'expédition américaine dans le secteur supérieur des Grands Lacs, dirigée par le capitaine Arthur Sinclair, arrive au large de l'île St. Joseph à la mi-juillet. Un groupe débarque et incendie le fort britannique abandonné ainsi que les entrepôts des commerçants de fourrures.

20 et
21 juillet 1814

 

Des forces américaines mettent à l'épreuve les ouvrages défensifs britanniques au fort George et au fort Mississauga, dans la région de Niagara, dans le Haut-Canada.

Après la bataille de Chippawa, les Américains commandés par le major-général Jacob Brown se rendent à Queenston, dans le Haut-Canada. Le 20 juillet, des troupes sont chargées d'attaquer les forts George et Mississauga . La colonne qui s'approche du fort Mississauga est la cible de tirs intenses et doit battre en retraite : il s'agit de la seule occasion où les canons du fort seront utilisés pour tirer sur un ennemi. Une seconde force s'avance sur le fort George et, sous les projectiles des Britanniques, commence à préparer l'installation de batteries pour le siège. Toutefois, le commandant des forces navales sur le lac Ontario, le commodore Isaac Chauncey, se voit dans l'impossibilité d'acheminer, depuis sa base de Sackets Harbor, les puissantes pièces d'artillerie indispensables à la prise des forts ennemis. Ainsi, faute de recevoir l'équipement nécessaire, le major-général Brown se replie sur Queenston le 22 juillet. Les forces américaines ne progresseront pas davantage sur la frontière du Niagara pendant la campagne de 1814.

21 juillet 1814

Bataille des Rapides de Rock Island, dans le territoire de l'Illinois. Une force américaine en route pour relever la garnison du fort Shelby à Prairie du Chien, dans le territoire du Wisconsin, est vaincue par des guerriers des Premières nations Sac (Sauk), Fox et Kiikaapoi (Kickapoo).

 

Sur le lac Huron, la flottille du capitaine Arthur Sinclair capture le navire marchand Mink, chargé de provisions qu'il devait livrer à la rivière Sainte-Marie, dans le Haut-Canada.

22 juillet 1814

Le traité de Greenville est signé en Ohio. Il rétablit la paix entre les États-Unis et les nations Wyandot, Lenape (Delaware), Shawnee, Seneca et Miami.

Du 23 au
26 juillet 1814

 

Le capitaine Arthur Sinclair fait une incursion sur la rivière Sainte-Marie.

Le raid lancé sur la rivière Sainte-Marie (Sault-Sainte-Marie) dans le Haut-Canada fait partie des opérations de l'expédition américaine chargée d'imposer la suprématie des États-Unis sur le secteur supérieur des Grands-Lacs. Après l'incendie du fort St. Joseph, abandonné par les Britanniques, le capitaine Arthur Sinclair ordonne à une troupe de marins et de soldats d'infanterie de remonter la rivière Sainte-Marie à bord d'embarcations et de brûler le poste de traite et les entrepôts de la Compagnie du Nord-Ouest, des installations cruciales parmi les infrastructures britanniques du commerce des fourrures. Les Américains détruisent également les écluses du premier canal construit à Sault-Sainte-Marie par la Compagnie pour permettre aux canots de marchandises de contourner les chutes. De plus, les hommes de Sinclair saisissent et brûlent la goélette Perseverance, l'un des seuls navires britanniques dans le secteur.

25 juillet 1814

Bataille de Lundy's Lane, dans le Haut-Canada.

Le 25 juillet 1814, au crépuscule, les armées britannique et américaine s'affrontent près du carrefour du chemin Portage et de la ruelle de Lundy. Les Britanniques, les Canadiens et les Amérindiens occupent une position avantageuse sur une crête jusqu'au coucher du soleil, lorsque les soldats américains réussissent à s'emparer de la principale batterie d'artillerie britannique, installée dans un cimetière. La bataille se transforme en une lutte féroce pour s'emparer des canons. Le grondement des combats se fait entendre jusqu'à Buffalo, dans l'État de New York. Après l'échec de la dernière charge britannique, les Américains sont maître du champ de bataille, mais ils se retirent, et les Britanniques reprennent le champ à l'aube. Les deux camps revendiquent la victoire, mais on dénombre près de 900 victimes des deux côtés. Ces lourdes pertes déciment l'armée du major-général Jacob Brown et mettent fin à tout espoir de poursuivre l'avancée américaine dans le Haut-Canada.

Du 25 juillet au
24 août 1814

Arrivée à Québec de renforts britanniques devenus disponibles en raison de la fin des guerres napoléoniennes en Europe : des contingents de la brigade du major-général Manley Power (3e, 5e et 1er bataillon du 27e régiment, 58e régiment et la Royal Artillery), la brigade du major-général James Kempt (1er bataillon du 9e régiment, 1er bataillon du 37e régiment, 1er bataillon du 57e régiment, 1er bataillon du 81e régiment et la Royal Artillery), la brigade du major-général Fredrick P. Robinson (1er bataillon du 39e régiment, 76e régiment, 1er bataillon du 88e régiment, 3e bataillon du 27e régiment et la Royal Artillery).

31 juillet 1814

Le puissant escadron du commodore Isaac Chauncey, qui réunit neuf navires, quitte Sackets Harbor dans l'État de New York et prend immédiatement le contrôle naval du lac Ontario.

3 août 1814

Les Britanniques commencent le siège du fort Érié dans le Haut-Canada, alors occupé par les Américains.

Après la bataille de Lundy's Lane, les Américains se replient sur le fort Érié. Le brigadier-général Edmund Gaines prend le commandement du poste le 5 août en remplacement du major-général Jacob Brown, grièvement blessé. Les troupes britanniques sous les ordres du lieutenant-gouverneur Gordon Drummond mettent du temps à se réorganiser après la bataille sanglante, ce qui permet aux Américains de consolider leurs défenses. Drummond arrive au fort Érié le 3 août et commence à préparer le siège. Pendant la nuit du 12 août, des soldats d'infanterie de marine et des marins britanniques s'emparent de l'USS Somers et de l'USS Ohio, qui appuyaient depuis la rivière Niagara les troupes américaines occupant le fort Érié. Le 13 août, les batteries britanniques ouvrent le feu. Malheureusement, elles ont été construites trop loin du fort et sont donc inefficaces.

 

Une force britannique qui tentait de détruire les entrepôts de provisions situés à Black Rock et à Buffalo, dans l'État de New York, est vaincue lors de la bataille du Ruisseau Conjocta, également dans l'État de New York. Les entrepôts contiennent des réserves utilisées pour approvisionner le fort Érié, où le major‑général américain Jacob Brown et ses troupes se sont retranchés après la bataille de Lundy's Lane.

4 et 5 août 1814

Les Américains attaquent le fort Mackinac, dans le territoire du Michigan.

Le fort Mackinac est commandé par le lieutenant-colonel Robert McDouall, arrivé au printemps à la tête de renforts. Parti de Détroit avec l'expédition du capitaine Arthur Sinclair dans le but de reprendre ce poste, le lieutenant-colonel George Croghan dirige une troupe de 700 soldats réguliers et miliciens de l'Ohio, presque deux fois plus nombreuse que la force britannique occupant Mackinac. Arrivés sur place, les Américains ne peuvent utiliser leurs canons contre les fortifications, érigées au sommet d'une colline. Ils débarquent donc leurs troupes de l'autre côté de l'île, espérant inciter McDouall à engager le combat en terrain découvert. L'attaque improvisée de Croghan échoue, les troupes étant incapables d'ouvrir une brèche dans la solide ligne de défense établie par McDouall en bordure d'une clairière. Les Américains subissent de lourdes pertes. Ils battent en retraite, puis quittent l'île pour rentrer à Détroit.

5 août 1814

Le brigadier-général américain Edmund P. Gaines prend le commandement du fort Érié, dans le Haut-Canada, en remplacement du major-général Jacob Brown, qui a été blessé.

 

Sur le lac Ontario, le lieutenant George Hawksworth fait échouer le HMS Magnet puis le fait exploser pour éviter qu'il ne soit capturé par l'escadron américain du commodore Isaac Chauncey.

8 août 1814

Des négociations de paix débutent entre les Américains et les Britanniques à Gand, en Belgique.

Au début de 1813, l'empereur de Russie Alexandre I propose d'agir comme médiateur dans les négociations de paix entre la Grande-Bretagne et les États-Unis. Refusant l'intervention d'un tiers, la Grande-Bretagne propose plutôt aux Américains d'entreprendre des négociations dans un endroit neutre en Europe. La rencontre a finalement lieu à Gand en août 1814. Les commissaires américains tentent d'aborder des questions comme les droits des marins et les blocus ainsi que l'acquisition de provinces canadiennes. Les délégués britanniques proposent plutôt des conditions leur permettant de conserver les territoires américains occupés, la création d'un État amérindien dans la région des Grands Lacs qui servirait de zone tampon entre les territoires britanniques et américains, ainsi que le désarmement des forces navales sur les Grands Lacs. Les deux parties rejettent les propositions initiales adverses lors de cette première séance, mais atteignent finalement un consensus en décembre 1814 avec la rédaction du traité de Gand.

9 août 1814

Le traité du fort Jackson impose de sévères conditions à la nation Muscogee (Creek) pour avoir fait la guerre aux États-Unis en 1813 et 1814.

Du 9 au
12 août 1814

Un raid est lancé sur Stonington, au Connecticut. Un escadron britannique commandé par le capitaine sir Thomas Hardy bombarde et attaque la ville.

10 août 1814

L'escadron du commodore Isaac Chauncey arrive au large de Kingston, dans le Haut-Canada, dans l'espoir de provoquer une bataille contre l'escadron britannique du commodore sir James Lucas Yeo. Chauncey exerce sur Kingston un blocus peu rigoureux jusqu'à la fin du mois, mais Yeo refuse d'engager la bataille jusqu'à ce que le HMS St. Lawrence soit achevé.

11 août 1814

L'USS Surprise, rebaptisé Eagle (20 canons), est mis à l'eau sur le lac Champlain à Vergennes, au Vermont.

12 août 1814

L'USS Somers et l'USS Ohio sont capturés par les Britanniques sur le lac Érié, près du fort Érié dans le Haut-Canada.

Pendant le siège britannique du fort Érié, alors occupé par les Américains, le capitaine de la Royal Navy Alexander Dobbs et son détachement de 70 marins et soldats d'infanterie de marine, montés dans des embarcations, s'approchent de trois goélettes américaines ancrées près du poste et chargées d'appuyer la  campagne du major-général Jacob Brown sur la frontière du Niagara. Se faisant passer pour des bateaux d'approvisionnement américains, les Britanniques prennent par surprise les équipages de l'USS Somers et de l'USS Ohio, montent à bord des navires et réussissent à s'en emparer tandis que l'USS Porcupine prend la fuite. Les deux bâtiments saisis, rebaptisés Huron et Sauk, sont un véritable atout pour l'escadron britannique sur le lac Érié. Cette prise nuit aux Américains, qui sont maintenant démoralisés de constater la réduction des forces défendant le fort Érié. La victoire de Dobbs est le dernier combat naval à se dérouler sur le lac Érié pendant la guerre.

13 août 1814

Le sergent Joseph McKitrick de l'Île-du-Prince-Édouard est tué lors de combats menés par les Glengarry Light Infantry Fencibles au fort Érié, dans le Haut‑Canada. Il serait le seul habitant de l'Île-du-Prince-Édouard à avoir été tué pendant la guerre.

14 août 1814

L'HMS Nancy est détruit lors d'une attaque de l'escadron américain du capitaine Arthur Sinclair sur la rivière Nottawasaga, dans le Haut-Canada.

L'un des objectifs de l'expédition de Sinclair dans le secteur supérieur des Grands Lacs est de détruire les navires britanniques qui s'y trouvent. Le capitaine est incapable de localiser la base britannique sur la rivière Nottawasaga, les conditions météorologiques étant défavorables et le terrain inconnu. Il incendie cependant le fort St. Joseph, abandonné par les Britanniques, ainsi que le poste de traite des fourrures de la rivière Sainte-Marie (Sault-Sainte-Marie). N'ayant pas réussi à reprendre le fort Mackinac, l'expédition tombe finalement sur la base de la Nottawasaga et sur la goélette Nancy, le seule navire britannique dans le secteur supérieur des Grands Lacs. Une troupe de soldats américains débarque et détruit un blockhaus, mais l'équipage du Nancy, commandé par le lieutenant Miller Worsley de la Royal Navy, incendie le navire avant qu'il ne tombe aux mains des ennemis. Les marins du Nancy parviennent finalement au fort Mackinac dans de petites embarcations une fois l'escadron de Sinclair reparti.

15 août 1814

Une attaque nocturne des Britanniques sur le fort Érié dans le Haut-Canada se solde par une défaite.

La nuit du 15 août, après deux jours de bombardements infructueux, une force britannique sous les ordres du lieutenant-gouverneur sir Gordon Drummond attaque les Américains qui occupent le fort Érié. Drummond envoie ses hommes sous la pluie en trois colonnes distinctes. Les attaquants ne parviennent pas à surprendre les Américains et sont incapables de coordonner efficacement leur attaque dans la noirceur. Deux des colonnes sont repoussées et essuient de nombreuses pertes. La troisième colonne, menée par le lieutenant-colonel William Drummond, s'empare du bastion nord-est du fort, mais ne peut progresser davantage, même si les soldats font pivoter un canon et tirent sur les Américains à l'intérieur du fort. William Drummond est tué, et l'immense poudrière située sous le bastion explose : l'horrible déflagration anéantit les attaquants et met fin à l'affrontement. Les Britanniques perdent plus de 900 hommes.

19 août 1814

Une force britannique débarque à Benedict, au Maryland, en route pour Washington dans le district de Columbia.

22 août 1814

Le commodore américain Joshua Barney détruit délibérément sa flottille près de la ville de Pig Point, au Maryland, pour éviter qu'elle ne soit saisie par la force britannique du contre-amiral George Cockburn. Privés de ce butin, les Britanniques prennent néanmoins la ville et s'emparent de plusieurs navires marchands et d'une grande quantité de tabac.

24 et
25 août 1814

Bataille de Bladensburg, au Maryland. Les Britanniques occupent par ailleurs la ville de Washington, dans le district de Columbia.

La campagne britannique dans la baie de Chesapeake prend véritablement son essor le 24 août, lorsque les Britanniques entrent dans Bladensburg, située tout près de la capitale, Washington. Tandis que les forces américaines défendent la rive opposée du fleuve Potomac, les Britanniques traversent le pont et lancent l'attaque. Le major-général Robert Ross, qui dirige l'assaut, ordonne le lancement des fusées Congreve : le bruit terrible et inconnu des projectiles fait fuir l'ennemi. Il s'agit d'un épisode humiliant de la guerre pour les Américains. Ross et ses hommes poursuivent leur avancée et, plus tard dans la soirée, remportent une victoire majeure en s'emparant de Washington et en mettant le feu à la plupart des immeubles publics, notamment la résidence du président, qui vient tout juste d'être évacuée. L'un des seuls bâtiments à échapper aux flammes est la maison du commandant du corps des Marines, aujourd'hui le plus vieux bâtiment encore debout à Washington.

25 août 1814

Le HMS Confiance est mis à l'eau au chantier naval de l'Île-aux-Noix, dans le Bas-Canada.

Les Américains sont maîtres du lac Champlain grâce à leur ambitieuse campagne de construction navale de 1813-1814. Dans l'espoir de leur ravir le contrôle de cette voie d'eau, les Britanniques se lancent dans la construction d'une grosse frégate au chantier de l'île aux Noix, au Bas-Canada. Armé de trente‑sept canons, le NSM Confiance allait devenir le vaisseau amiral du capitaine George Downie. Sa construction est cependant retardée en raison d'un manque de matériaux et il est à peine gréé à temps pour affronter la flottille américaine pendant la bataille de Plattsburg au cours de laquelle Downie périt et son navire est capturé. Le Confiance est le plus grand navire de guerre qui ait navigué sur les eaux du lac Champlain.

26 août 1814

Une flottille de canonnières britanniques capture deux navires américains sur le fleuve Saint-Laurent près de Kingston, dans le Haut-Canada.

 

Une expédition conjointe de l'armée et de la marine quitte Halifax en Nouvelle-Écosse pour aller envahir la partie est du district du Maine.

27 août 1814

L'USS Wasp capture le HMS Avon dans les eaux au sud de l'Irlande.

28 août 1814

Une expédition navale britannique dirigée par le capitaine James Alexander Gordon remonte le fleuve Potomac et prend Alexandria, en Virginie. Les troupes saisissent également 21 navires ainsi que de très grandes quantités de farine, de coton, de tabac, de sucre, de vin et d'autres produits.

Du 30 août au
12 septembre 1814

Le gouverneur général sir George Prévost dirige la campagne du lac Champlain.

30 août 1814

Le capitaine sir Peter Parker est tué lorsqu'il débarque à la tête d'un groupe de soldats près de Chestertown, au Maryland. Les Britanniques sont repoussés, et le combat sera appelé « la bataille du Champ de Caulk ».

1 septembre 1814

Les Britanniques prennent Castine, dans le district du Maine.

 

L'armée britannique (qui compte plus de 10 000 hommes) commandée par le gouverneur général sir George Prévost, commence à traverser la frontière à Champlain, en direction de Plattsburgh, dans l'État de New York.

3 septembre 1814

Le capitaine George Downie de la Royal Navy prend le commandement de l'escadron du lac Champlain.

 

La bataille de Hampden. Les Britanniques prennent Bangor et Hampden, dans le district du Maine. Les américains brûlent l'USS Adams pour empêcher sa capture.

4 septembre 1814

Le chef renégat du Haut-Canada, Joseph Willcocks, est tué tandis qu'il mène les traîtres Volontaires canadiens dans une escarmouche à l'extérieur du fort Érié dans le Haut-Canada, alors occupé par les Américains.

3 et
6 septembre 1814

L'USS Tigress et l'USS Scorpion sont capturés sur le lac Huron.

Après la destruction du poste britannique sur la rivière Nottawasaga et de la goélette Nancy, le lieutenant Miller Worsley de la Royal Navy et ses marins parviennent à atteindre le fort Mackinac alors que l'USS Tigress et l'USS Scorpion en font le blocus. Worsley conçoit un plan pour saisir les deux navires armés, et le met à exécution. Le 3 septembre, en pleine noirceur, il réussit à aborder le Tigress avec un contingent de marins, de soldats et de guerriers amérindiens, puis utilise ce navire pour s'emparer du Scorpion le 6 septembre. Les Britanniques, qui se retrouvaient sans bâtiment à la suite de la destruction du Nancy, ont maintenant à leur disposition une petite flotte sur le lac Huron pour relier le fort Mackinac  à la route d'approvisionnement du secteur supérieur des Grands Lacs.

5 septembre 1814

Les Britanniques se retirent de Bangor et de Hampden, dans le district du Maine.

 

À Rock Island, dans le territoire de l'Illinois, une force américaine dirigée par le major Zachary Taylor est vaincue par un groupe d'alliés des nations Sac (Sauk), Fox, Kiikaapoi (Kickapoo), Ho-Chunk (Winnebago) et Sioux mené par le chef Aigle Noir (Makataimeshekiakiak). Les Amérindiens reçoivent l'aide d'agents du département britannique des Indiens.

6 septembre 1814

Les forces britanniques entrent dans Plattsburgh, dans l'État de New York.

 

Des vents forts sur le lac Érié font échouer le navire américain Caledonia. Celui-ci prend feu et est gravement endommagé avant que l'incendie ne soit éteint.

9 septembre 1814

Une flottille britannique est rassemblée près de Chazy, sur le lac Champlain.

10 septembre 1814

Le HMS St. Lawrence est inauguré à Kingston, dans le Haut-Canada. Il s'agit du plus grand navire de guerre à avoir navigué sur les Grands Lacs à l'époque des voiliers.

La lutte entre les marines américaine et britannique pour imposer leur suprématie sur les Grands Lacs s'intensifie de plus en plus, les deux camps construisant le plus vite possible de nouveaux bâtiments mieux armés. Le commodore sir James Lucas Yeo devient le maître incontesté du lac Ontario en octobre lorsqu'il quitte Kingston à bord de son tout nouveau vaisseau amiral, le HMS St. Lawrence, achevé le mois précédent. Il s'agit d'un bâtiment à trois ponts équipé de 102 canons et destiné à rivaliser avec les trois navires américains en construction à Sackets Harbor. Ce vaisseau illustre parfaitement la « guerre des constructeurs de navires » et les énormes ressources financières et logistiques investies par les Britanniques : presque tous les matériaux utilisés pour la construction de navires de guerre à Kingston proviennent d'Angleterre et traversent l'Atlantique jusqu'à Québec et à Montréal, dans le Bas-Canada, puis remontent le Saint-Laurent à bord d'autres bateaux.

11 septembre 1814

Bataille de la Baie de Plattsburgh, dans l'État de New York.

La campagne sur le lac Champlain du commandant en chef sir George Prévost, qui commence en août 1814, atteint son paroxysme avec la bataille de Plattsburg, une attaque à la fois terrestre et navale. Se pliant aux ordres de Prévost, le capitaine George Downie lance sa flottille sur le lac Champlain pour s'attaquer à la flotte de Thomas Macdonough qui est ancrée dans la baie de Plattsburg.  Des vents contraires empêchent les navires de Downie de manœuvrer pour se mettre en position et les poussent à portée des redoutables pièces de batterie américaines. Downie périt dans l'affrontement et, après plusieurs heures de combat acharné, la flotte britannique capitule. Pendant ce temps, Prévost, à la tête de 10 351 vétérans du duc de Wellington, lance une brève attaque contre les quelque 3 000 hommes du brigadier général Alexander Macomb, mais il bat rapidement en retraite au Bas-Canada. Toute l'opération se traduit par une défaite humiliante et coûteuse pour les Britanniques.

Les Britanniques prennent le fort O'Brien et Machias, dans le district du Maine.

Du 12 au
15 septembre 1814

Le major-général Robert Ross est tué lors de la bataille de la Pointe North, et la ville de Baltimore au Maryland est bombardée.

Après le saccage de Washington, dans le district de Columbia, le major-général Robert Ross mène une force d'environ 4 000 hommes vers le nord jusqu'à Baltimore. Le 12 septembre, pendant la bataille de la Pointe North, Ross est blessé à mort. Le colonel Arthur Brooke prend alors de commandement et inflige une défaite au brigadier-général John Stricker et à ses 3 200 hommes. Les Britanniques continuent leur avancée jusqu'aux fortifications nouvellement érigées de Baltimore. Estimant que les ouvrages défensifs sont trop imposants, ils se retirent. Entre-temps, le vice-amiral Alexander Cochrane mène ses forces navales dans un assaut sur le fort McHenry qui sera infructueux. La scène inspire à Francis Scott Key les paroles de l'hymne national américain, « The Star-Spangled Banner ». Pour ce qui est de Ross, ses camarades préservent sa dépouille dans du rhum et l'acheminent jusqu'à Halifax, en Nouvelle-Écosse, où elle sera accueillie avec tous les honneurs militaires puis inhumée.

15 septembre 1814

Les Britanniques lancent une attaque infructueuse contre le fort Bowyer, dans le territoire du Mississippi.

Du 17 au
21 septembre 1814

Les Américains attaquent les batteries d'artillerie avec lesquelles les Britanniques assiègent le fort Érié, dans le Haut-Canada. Les Britanniques abandonnent le siège.

Les Britanniques et les Canadiens qui font le siège du fort Érié peuvent difficilement s'abriter des pluies abondantes de l'automne, et la maladie décime leurs rangs. Joseph Willcocks, le commandant des traitres Volontaires canadiens, est tué le 4 septembre. Le 16 septembre, le lieutenant-gouverneur Gordon Drummond décide de mettre fin au siège, mais le lendemain, les Américains attaquent les batteries britanniques. Après une rude bataille de deux heures, les Américains battent en retraite jusqu'au fort. On dénombre environ 500 victimes dans les deux camps. Les Britanniques lèvent finalement le siège le 21 septembre. Les Américains ont réussi à défendre le fort Érié, mais ils sont incapables de poursuivre leur avancée. Le 5 novembre, les troupes du major-général américain George Izard font exploser le fort et rentrent aux États-Unis, ce qui met fin à l'invasion vaine et sanglante de 1814 sur la frontière du Niagara.

18 septembre 1814

La moitié de la force d'invasion britannique quitte le district du Maine pour Halifax, en Nouvelle-Écosse.

21 septembre 1814

Les Britanniques ouvrent un bureau de douane à Castine, dans le district du Maine. Ce bureau sert de siège des activités commerciales dans le territoire occupé.

L'annonce que les échanges commerciaux avec l'ennemi sont permis à Castine est applaudie par les marchands de Saint John, au Nouveau-Brunswick, et de Halifax, en Nouvelle-Écosse. Par ailleurs, puisque les marchandises importées et exportées dans cette ville du Maine sont assujetties à une taxe, les douaniers amassent la somme considérable de 10 000 livres pendant les huit mois où ils seront en fonction dans ce port. Après la guerre, le gouvernement britannique décide d'investir ce « fonds de Castine » dans l'amélioration des infrastructures publiques en Nouvelle-Écosse. Il servira à la construction d'une nouvelle bibliothèque à l'usage de la garnison britannique ainsi qu'à la création du collègue Dalhousie (aujourd'hui l'Université Dalhousie). Les Néo-Brunswickois se réjouiront également en novembre 1817 lorsqu'une commission chargée d'établir la frontière, qui a été mise sur pied à la signature du traité de Gand, attribue à la province la plupart des îles contestées de la baie Passamaquoddy ainsi que l'île Grand Manan.

Automne 1814

Les Britanniques construisent à Turkey Point, dans le Haut-Canada, un blockhaus et une batterie qui seront appelés « le fort Norfolk ». Ils prévoient également y aménager un chantier naval sur le lac Érié, mais la guerre prend fin avant que ces travaux puissent commencer.

9 octobre 1814

L'USS Wasp disparaît en mer.

15 octobre 1814

Une escarmouche a lieu au ruisseau Chippawa, dans le Haut-Canada.

19 octobre 1814

Bataille de Cook's Mills, dans le Haut-Canada.

Après avoir mis fin au siège infructueux du fort Érié, le lieutenant-général et lieutenant-gouverneur britannique Gordon Drummond ramène ses forces jusqu'à une position protégée par le ruisseau Chippawa. Le major-général américain George Izard suit Drummond, mais n'attaque pas le camp britannique. Apprenant l'existence d'une réserve de blé à Cook's Mills, Izard envoie une force dirigée par le brigadier‑général Daniel Bissell au ruisseau Lyon. Bissell y affronte un petit détachement britannique commandé par le lieutenant-colonel Christopher Myers. La force américaine, supérieure en nombre, repousse les Britanniques et met le feu aux moulins. Le général Drummond refuse d'engager ses forces inférieures dans une bataille d'envergure. Il s'agit du dernier affrontement à avoir lieu sur la frontière du Niagara pendant la guerre de 1812.

22 octobre 1814

Le brigadier-général américain Duncan McArthur lance un raid dans la partie sud-ouest du Haut-Canada.

Le brigadier-général américain Duncan McArthur quitte Détroit, dans le territoire du Michigan, à la tête d'une force composée de miliciens de l'Ohio et du Kentucky ainsi que d'alliés amérindiens pour attaquer des villages du Sud-Ouest du Haut-Canada, une région qui s'est dépeuplée à la suite des défaites britanniques aux batailles du Lac Érié et de la Thames à l'automne 1813. Une rumeur veut que les pilleurs planifient d'attaquer Burlington Heights, une base britannique importante sur le lac Ontario. Ils détruisent les biens des habitants pendant leur avancée, notamment les moulins. Retardée par la pluie et les rivières gonflées, la force de McArthur attaque l'établissement de Malcolm's Mills. Les défenseurs du village, les miliciens des comtés d'Oxford et de Norfolk, sont dispersés par les troupes américaines, qui rentrent à Détroit après l'incident. Cet affrontement est le dernier à se dérouler en sol canadien pendant la guerre.

5 novembre 1814

Les forces américaines font exploser le fort Érié, dans le Haut-Canada, et se retirent à Buffalo, dans l'État de New York.

6 novembre 1814

Une escarmouche a lieu à Malcolm's Mills, dans le Haut-Canada.

 

La goélette américaine Franklin est capturée au large de Hampton en Virginie par une flottille composée de 13 barges.

7 novembre 1814

Les troupes du major-général Andrew Jackson prennent Pensacola, une ville dans la partie espagnole de la Floride qui était occupée par une garnison de soldats britanniques et espagnols. Les Américains occupent la ville pendant tout le reste de la guerre.

10 novembre 1814

Le lieutenant américain Charles Budd reçoit l'ordre de remplacer le capitaine Thomas Macdonough en tant que commandant de l'escadron du lac Champlain.

14 novembre 1814

La goélette britannique HMS Julia est mise à l'eau au chantier naval de Kingston, dans le Haut-Canada.

17 novembre 1814

Parti en mission secrète pour détruire le HMS St. Lawrence, l'aspirant de marine James McGowan découvre et capture deux canonnières britanniques sur le cours supérieur du fleuve Saint-Laurent et ramène les prisonniers à Sackets Harbor, dans l'État de New York.

24 novembre 1814

Le HMS Fantome s'échoue près de Prospect, en Nouvelle-Écosse, pendant qu'il escorte un convoi parti de Castine dans le district du Maine pour Halifax en Nouvelle-Écosse.

Décembre 1814

Les Britanniques terminent la construction du fort Wellington à Prescott, dans le Haut-Canada.

La construction du fort Wellington, qui est l'une des quelques places fortes britanniques érigées pendant la guerre de 1812, est autorisée au début de 1813, mais le fort ne sera achevé qu'à la fin de 1814 en raison de retards dans les travaux. Le fort consiste en un blockhaus en bois d'un étage mesurant 30,48 mètres (100 pieds) de côté et pouvant accueillir 144  soldats. Ce blockhaus est entouré de vastes remblais sous lesquels sont aménagés des entrepôts, à l'abri des bombes. Les pièces d'artillerie du fort dominent les environs. Il s'agit d'une puissante fortification conçue par les Britanniques pour exercer leur suprématie sur le fleuve Saint-Laurent à Prescott, un port crucial sur la ligne de communication reliant Montréal et Kingston. Le fort Wellington n'a jamais subi d'assaut, mais ses canons ont ouvert le feu sur la flottille du major-général James Wilkinson à l'automne 1813.

1 décembre 1814

Le major-général Andrew Jackson arrive à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, et commence à préparer la défense de la ville.

10 décembre 1814

Une expédition navale et militaire britannique menée par le contre-amiral sir Alexander Cochrane et par le major-général sir Edward Pakenham touche terre près de la Nouvelle-Orléans en Louisiane.

14 décembre 1814

Bataille du Lac Borgne, en Louisiane. Des marins de la Royal Navy et des membres des Royal Marines, embarqués dans des bateaux ouverts, capturent une flottille de canonnières américaines après un combat acharné.

Du 15 décembre 1814 au 5 janvier 1815

Convention de Hartford. Réunis en secret à Hartford, au Connecticut, 26 délégués de la Nouvelle-Angleterre discutent de leurs griefs au sujet de la gestion de la guerre par le gouvernement fédéral, plus précisément le contrôle de la milice, la conscription et le fardeau financier associé à la défense.

23 décembre 1814

Bataille de la Plantation de Villeré, en Louisiane. Les Britanniques s'emparent de la plantation et y installent un camp pour l'armée qui attaquera la Nouvelle-Orléans. Ils repoussent une contre-attaque américaine musclée qui se poursuivra tard dans la nuit.

24 décembre 1814

Le traité de Gand est signé en Belgique. Il met fin à la guerre de 1812.

Après des mois de négociations, les Britanniques et les Américains conviennent enfin des conditions régissant l'arrêt des hostilités entre les deux pays. Le traité prévoit un retour au status quo ante bellum (situation d'avant la guerre), ce qui avantage les Américains, qui pourront ainsi récupérer plusieurs territoires occupés dont Prairie du Chien, dans le territoire du Wisconsin, une partie du district du Maine ainsi que les forts Astoria, Mackinac et Niagara. Le tracé de la frontière sera déterminé plus tard par des commissions. Étonnamment, les 11 articles approuvés du traité ne font pas mention des litiges à l'origine de la guerre, soit les droits des marins et les échanges commerciaux. Malgré les critiques qu'il soulève tant en Grande-Bretagne qu'aux États-Unis, le traité est considéré comme une victoire par les Américains, qui réussissent à exercer leur souveraineté face à l'empire britannique.

 

 

Canada Atlantique

L'avantage obtenu par l'invasion de la partie est du Maine est perdu à Gand. En effet, le traité exige la restitution de tous les territoires conquis et prévoit la nomination d'une commission conjointe chargée de déterminer la possession des îles contestées de la baie Passamaquoddy et de la baie de Fundy. Les décisions de la commission seront dans l'ensemble favorables au Nouveau-Brunswick. Toutefois, le traité n'aborde pas les questions litigieuses que sont les droits de pêche des Américains dans les eaux de l'Amérique du Nord britannique, et le tracé de la frontière intérieure entre le Nouveau‑Brunswick et le Maine. La question de la pêche fera l'objet d'une convention distincte en 1818, mais continuera de donner des maux de tête aux diplomates jusqu'à la fin du siècle. Le traité Webster‑Ashburton, signé en 1842, règlera la question de la frontière et confirmera le contrôle par les Britanniques de la route hivernale menant aux Canadas.

Haut et Bas-Canada

À la fin de l'année 1814, les Britanniques occupent de vastes territoires américains dont des postes sur la côte du Pacifique ainsi qu'une partie du territoire du Wisconsin, du district du Maine et de la région des Grands Lacs. Pour leur part, les États-Unis occupent le fort Amherstburg et contrôlent le Sud‑Ouest du Haut-Canada. Lors des négociations de paix, les représentants britanniques refusent catégoriquement de restituer les territoires conquis, mais sur l'avis du duc de Wellington, finissent par concéder un retour au status quo territorial (la situation d'avant la guerre). Le Haut et le Bas-Canada sont également touchés par des accords subséquents, notamment la résolution par les commissions sur la frontière de litiges au sujet de certaines îles du cours supérieur du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Niagara, l'Accord Rush-Bagot de 1817 limitant le nombre de navires de guerre sur les Grands Lacs et le lac Champlain, et la Convention de 1818 qui établit sur le 49e parallèle la frontière séparant les deux pays jusqu'aux montagnes Rocheuses.

Traite des fourrures par les Britanniques

Le marchand de fourrures et directeur de la Compagnie du Nord-Ouest, William McGillivray, tente de garder la mainmise sur le fort Mackinac, occupé par les Britanniques, afin de consolider la traite des fourrures en territoire américain, mais le traité de Gand prévoit le retour à l'ancienne frontière et la restitution de tous les postes occupés. La perte de Mackinac et l'exercice par les Américains des droits commerciaux accordés aux nations amérindiennes lors du traité Jay en 1794 met un terme aux activités britanniques de traite des fourrures dans le Nord-Ouest des États-Unis. Les marchands de fourrures établis à Montréal qui tentent de contrôler le commerce dans les territoires du Michigan et du Wisconsin subissent un autre coup dur lors de la signature de la Convention de 1818, qui établit le tracé de la frontière entre les États-Unis et l'Amérique du Nord britannique à l'ouest du lac des Bois et écarte ainsi toute possibilité d'expansion commerciale britannique dans le Sud-Ouest du continent.

Peuples autochtones

Le traité de Gand est désastreux pour les peuples autochtones, dont personne ne défend les intérêts à la table de négociation. Les Britanniques abandonnent l'idée de créer, dans la région des Grands Lacs, un territoire amérindien autonome qui aurait servi de zone tampon entre les États-Unis et l'Amérique du Nord britannique. Les deux pays s'entendent plutôt pour rétablir les privilèges et les droits accordés aux peuples autochtones avant la guerre et cesser les combats encore engagés contre des groupes amérindiens. Cette entente donne aux peuples autochtones le sentiment d'avoir été trahis par leur allié britannique, car ils sont désormais à la merci des politiques américaines. De plus, le traité n'accorde aucun droit particulier aux Autochtones pour une quelconque période : le mode de vie des nations amérindiennes du Nord-Ouest sera bientôt menacé par l'expansion américaine.

25 décembre 1814

Le HMS Psyche est inauguré. Il s'agit d'une frégate de 56 canons envoyée d'Angleterre « en pièces détachées » et assemblée à Kingston, dans le Haut-Canada.

À l'été 1813, le commodore britannique sir James Lucas Yeo a peine à rivaliser avec la puissante flotte des Américains sur le lac Ontario. En conséquence, le gouvernement britannique adopte une démarche novatrice en matière de construction navale : des composantes de navire préfabriquées sont expédiées à Kingston pour accélérer l'assemblage des bâtiments. Ainsi, des bateaux de marchandises quittent le chantier naval de Chatham en Angleterre au début de 1814, transportant quatre navires « en pièces détachées ». Trois de ces navires terminent leur voyage à Montréal, mais des sections de la « frégate B » (le Psyche) sont laborieusement acheminées en amont du fleuve Saint-Laurent jusqu'à Kingston sur une période de quatre mois. Une fois à destination, les pièces détachées sont assemblées par des charpentiers. Tout comme la construction du HMS St. Lawrence, cette entreprise met en lumière les défis logistiques associés à la construction de navires de combat bien armés sur les Grands Lacs ainsi que l'importance de la suprématie navale pendant la guerre.

28 décembre 1814

Les Britanniques envoient une force importante en reconnaissance à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Les troupes du major-général sir Edward Pakenham mettent à l'épreuve les dispositifs de défense du major‑général Andrew Jackson. Elles sont repoussées et subissent de lourdes pertes.

 

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Chronologie de la guerre de 1812


Section 1 : De 1775 à novembre 1811
Section 2 : De janvier 1812 à juin 1812
Section 3 : De juillet 1812 à septembre 1812
Section 4 : D'octobre 1812 à décembre 1812
Section 5 : De janvier 1813 à mars 1813
Section 6 : D'avril 1813 à juin 1813
Section 7 : De juillet 1813 à septembre 1813
Section 8 : D'octobre 1813 à décembre 1813
Section 9 : De janvier 1814 à mars 1814
Section 10 : D'avril 1814 à juin 1814
Section 11 : De juillet 1814 à décembre 1814
Section 12 : De janvier 1815 à 1871

Site web officiel du Gouvernement du Canada du bicentenaire de la guerre de 1812

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