Description du lieu patrimonial
Le hangar d’alerte est un complexe composé de deux vastes hangars doubles reliés par deux passages couverts à un quartier général d’un étage (bâtiment B121) au centre. Les hangars doubles, au parement métallique aveugle, servent à abriter des chasseurs tandis que le quartier général est un centre pour les pilotes, percé de plusieurs fenêtres et à l’échelle plus domestique. Le hangar d’alerte est situé à l’extrémité de la piste d’atterrissage, dans la zone d’alerte. La désignation se limite au tracé au sol du bâtiment.
Valeur patrimoniale
Le hangar d’alerte est un édifice fédéral du patrimoine reconnu en raison de son importance historique ainsi que de l’intérêt qu’il représente sur le plan architectural et environnemental.
Valeur historique
Le hangar d’alerte est un très bon exemple de la participation conjointe du Canada et des États-Unis à la défense aérienne de l’Amérique du Nord pendant la guerre froide et, plus particulièrement, de l’engagement et de la participation du pays au Commandement de la défense aérienne de l’Amérique du Nord (NORAD). L’un des éléments clés du système défensif nord-américain situé au Canada, le hangar d’alerte de Bagotville faisait partie d’un réseau de cinq bases de chasseurs destiné à contrer toute attaque surprise des bombardiers soviétiques. Construite en 1942, la base des Forces canadiennes (BFC) de Bagotville avait pour mission l’entraînement des pilotes et la protection des installations de l’aluminerie Alcan et des centrales hydroélectriques de la région pendant la Deuxième Guerre mondiale. La base a connu une seconde période de développement au cours de la guerre froide pour devenir l’une des principales bases de défense aérienne dans l’est du Canada. Le hangar d’alerte a été construit à cette époque et il demeure encore aujourd’hui un bâtiment important de la base.
Valeur architecturale
Le hangar d’alerte fait preuve d’une excellente conception fonctionnelle. Le plan standard conçu par l’Aviation royale du Canada (ARC) et finalisé par la compagnie américaine «Coseley Engineering Company» s’est bien adapté aux besoins fonctionnels particuliers du hangar d’alerte, du moment de sa construction jusqu’à nos jours. D’une esthétique utilitaire et dépouillée avec une volumétrie simple et imposante, le hangar d’alerte possède toutes les caractéristiques du plan standard développé par l’ARC après la Seconde Guerre mondiale. Les matériaux utilisés pour la construction du hangar d’alerte étaient de bonne qualité et conformes aux standards de l’époque. Ils ont été assemblés avec soin, tel qu’en témoigne leur excellente durabilité.
Valeur environnementale
Le hangar d’alerte est situé à l’extrémité de la piste d’atterrissage, dans la zone d’alerte qui comprend les deux hangars doubles, le quartier général, l’aire de trafic ainsi qu’une vaste surface gazonnée ceinturée d’une clôture. Aucune modification n’a été apportée à la zone d’alerte dans laquelle se trouve le hangar d’alerte, depuis la construction de celui-ci en 1958. Avec son échelle qui domine l’espace et son caractère militaire, le hangar définit le caractère de la zone d’alerte, et renforce celui de la base des Forces canadiennes de Bagotville. Il est un bâtiment bien connu du personnel de la base. Toutefois, situé à l’intérieur de la zone d’alerte et à l’écart du reste de la base, peu de personnes y ont accès. Le hangar est visible à partir de la route qui traverse la base, mais son rôle demeure peu connu du public.
Sources : Judith Dufresne, Hangar d’alerte (B121, H9, H10, H12 ; un bâtiment), 3e Escadre Bagotville, La Baie, Québec, Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine, rapport 05-086 ; Hangar d’alerte, 3e Escadre Bagotville, La Baie, Québec, Énoncé de la valeur patrimoniale 05-086.
Éléments caractéristiques
Les éléments caractéristiques du hangar d’alerte devraient être respectés.
Le rôle d’origine du bâtiment, dans le contexte de la guerre froide et son association avec NORAD, tel qu’en témoignent :
- la continuité de sa fonction, sa conception et sa localisation isolée sur la base.
Son excellente conception fonctionnelle, tel qu’illustré par:
- l’adéquation du plan standard aux besoins fonctionnels particuliers du hangar d’alerte, du moment de sa construction jusqu’à nos jours;
- les portes situées à chacune des extrémités qui permettent aux avions de démarrer leurs moteurs, de sortir des hangars et de se mettre en position de décollage sous leur propre puissance sans perte de temps;
- le mécanisme d’ouverture des portes qui permet l’ouverture rapide et efficace de celles-ci malgré leurs grandes dimensions et leurs poids;
- l’emplacement du quartier général au cœur du complexe qui permet aux pilotes de vivre en toute autonomie à proximité immédiate de leurs avions.
Sa conception esthétique qui possède toutes les caractéristiques du plan standard développé par l’Aviation royale du Canada (ARC) après la Seconde Guerre mondiale, soit :
- le caractère utilitaire dépouillé ainsi que la volumétrie simple et imposante des deux hangars doubles, qui contraste avec l’échelle domestique du quartier général;
- la clarté, la symétrie et l’aspect presque schématique du plan, épousant directement la fonction du bâtiment;
- le dénuement des façades, animées seulement par le rythme créé par la disposition des portes, la faible pente des toits et les ondulations du parement métallique.
L’utilisation de matériaux standards de l’époque, durables, de bonne qualité et assemblés avec soins, tel qu’illustré par:
- le choix de matériaux industriels et fonctionnels ;
- la dominance du parement métallique ondulé comme revêtement extérieur;
- le bon état général du bâtiment, qui continue de fonctionner adéquatement.
La façon dont le hangar d’alerte définit le caractère de la zone d’alerte, renforce celui de la base et joue un rôle comme élément familier du voisinage, soit:
- la zone d’alerte définie par les deux hangars doubles, le quartier général, l’aire de trafic ainsi que la vaste surface gazonnée ceinturée d’une clôture;
- la fonction du hangar d’alerte compatible avec celle de la base;
- la visibilité du bâtiment à partir de la route 170.