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Un partenariat responsable

Grandir ensemble : Un partenariat pour protéger les ressources naturelles et culturelles du parc national des Îles-du-Saint-Laurent

Cette année, Parcs Canada, le premier service de parcs nationaux au monde, célèbre ses cent ans. Reconnue comme chef de file mondial dans le domaine de la conservation et de la mise en valeur des patrimoines culturel et naturel nationaux, l'Agence Parcs Canada propose à tous les publics des expériences et des occasions d'apprentissage uniques au monde, lesquelles sont enrichies par les partenariats fructueux, dont ceux avec les communautés autochtones, qu'elle entretient.

« Jardin du Grand esprit » : c'est ainsi que le peuple appelait les Mille-Îles autrefois. Il est vrai que les Mille-Îles sont le théâtre d'activités humaines et de phénomènes naturels depuis des millénaires. Il y a une osmose remarquable entre ce paysage fascinant, situé le long de la frontière internationale, au confluent du fleuve Saint-Laurent et du lac Ontario, et ses habitants.St. Lawrence Islands National Park / Parc national des Mille-Îles-du-Saint-Laurent

On y trouve le cinquième parc national à avoir été créé au Canada, à savoir le parc national des Îles-du-Saint-Laurent. Même avant 1904, année de la création du parc, ce sont les utilisateurs des ressources, entre autres des groupes des Premières nations et des colons locaux, qui définissent le rôle du parc. Les valeurs exprimées dans le plan directeur actuel du parc national des Îles-du-Saint-Laurent visent à la fois son patrimoine naturel, son patrimoine bâti et son patrimoine intangible. Cette approche holistique de la conservation, dont le rapprochement avec la communauté des Premières nations est un élément fondamental, est le fruit d'une concertation inclusive.

En effet, au cours des dernières années, Parcs Canada a établi des partenariats positifs et constructifs avec des communautés autochtones partout au Canada. Cette relation nouvelle saute aux yeux au parc national des Îles-du-Saint-Laurent, qui a établi un partenariat avec les Premières nations de la région afin de préserver l'intégrité écologique du parc. Cette relation mutuellement avantageuse permet à Parcs Canada de mieux protéger le parc au profit des générations futures tout en renforçant et en mettant en valeur la culture des Premières nations et leur intime association avec le parc."In the Thousand Islands" 1842-83, LAC C-150416 / « Dans les Mille-Îles » 1842-83, BAC C-150416

Pour apprécier pleinement la région des Mille-Îles, il faut reconnaître à la fois les forces naturelles qui l'ont façonnée et les activités et les croyances humaines qui l'ont définie. Nombre de groupes des Premières nations, par exemple les Haudenosaunees et les Algonquins, ont dressé des campements dans ces îles, y ont chassé et s'y sont rassemblés; le lien spirituel qui les unit à ce territoire n'a jamais été brisé.

Les Français sont les premiers Européens à fouler le sol de la région au début des années 1600. Porte d'entrée des Grands Lacs et du cœur du continent, le corridor maritime des Mille-Îles est vite envahi par les explorateurs et les commerçants de fourrures suivis, plus tard, par des marchands désireux d'utiliser la route des Grands Lacs pour transporter leurs produits. Il faut pourtant attendre la fin des années 1700 avant que des colons, majoritairement des loyalistes de l'Empire-Uni, commencent à établir des villages sur la rive Nord du Saint-Laurent.US President Chester Arthur visiting the Thousand Ilsands in 1882, LAC C-028741 / Visite du président des États-Unis Chester Arthur aux Mille-Îles en 1882, BAC C-028741

À la fin du XIXe siècle, les biens-nantis affluent aux Mille-Îles. Ils arrivent qui par train, qui par bateau pour profiter de la nature et fuir l'agitation de la vie urbaine. Ce flot soudain de citadins donne naissance à des lieux de villégiature et à d'autres formes de divertissements. En 1856, de nombreuses îles sont détenues en fiducie par le département des Affaires des sauvages (qui deviendra plus tard le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien) au nom des Mississaugas d'Alnwick, qui ne cessent d'exercer des pressions sur le gouvernement fédéral pour qu'il dispose des terres et leur remette le produit des ventes. Certaines îles sont vendues à des particuliers, mais l'opération ne remporte pas le succès escompté. Combinée à l'affluence soudaine de touristes, cette perspective commence en outre à inquiéter les résidents. Ces derniers sont très attachés à cette région, ils s'y sentent chez eux et s'y récréent aussi à loisir. Conséquemment, des citoyens locaux demandent aux autorités gouvernementales de réserver un espace en vue de créer des parcs publics.

En 1904, le gouvernement canadien passe aux actes et accorde officiellement la désignation de parc national à neuf des îles ainsi qu'à une parcelle de territoire Mallorytown Landing Pavillion c. 1904, Parks Canada / Pavillon de Mallorytown Landing c. 1904, Parcs Canadacontinental. Peu après, des plans sont mis en œuvre en vue d'améliorer les installations offertes aux visiteurs, notamment des embarcadères et des abris de pique-nique, et on engage des gardiens pour chacun des sites. Le parc prend progressivement de l'expansion et comprend aujourd'hui plus de 20 îles et une section continentale élargie. Au cours des années 1960, la perception du parc national des Îles-du-Saint-Laurent évolue. En effet, alors que la gestion du parc avait été jusque-là axée sur les besoins récréatifs des résidents et des visiteurs, la direction décide de miser sur l'environnement unique de la région. On embauche des naturalistes et des scientifiques qui protègent les merveilles naturelles du parc sur place et qui les interprètent pour les visiteurs. C'est à cette époque qu'on assiste à la mise en œuvre du premier plan directeur du parc, mais ce dernier ne fait aucune allusion aux Premières nations qui l'ont habité ni aux ressources culturelles du parc.

Dans les années 1980 et 1990, la conservation de l'environnement et du patrimoine prend une nouvelle orientation. Don Ross, naturaliste en chef du parc, documente les ressources écologiques ainsi que l'histoire du paysage des îles du parc. Au cours des années 1990, le Comité des édifices fédéraux du patrimoine recommande la désignation de 15 structures à l'intérieur du parc (pour en savoir plus, consultez la liste du Répertoire canadien des lieux patrimoniaux ci-dessous). Au début des années 2000, la société canadienne devient plus inclusive, et Parcs Canada fait en sorte qu'un dialogue s'engage entre le parc et les Premières nations locales. On espère ainsi que les deux parties arriveront à mieux se comprendre et à mieux apprécier la vision de l'autre au regard du parc. Elles scellent officiellement leur relation lors d'un feu fumant organisé au parc les 1er et 2 août 2007. Cette célébration sensibilise le public au lien qui unit les Premières nations au territoire et à l'utilisation culturelle et traditionnelle des terres.Thousand Islands, Parks Canada / Mille-Îles, Parcs Canada

La vie de nombreux groupes autochtones est associée au fleuve Saint-Laurent et à ses rives depuis fort longtemps. En effet, depuis des générations, la générosité des rives du fleuve a assuré la survie des habitants. Plus récemment cependant, les communautés autochtones ont subi des pressions à la fois externes et internes. Des facteurs, comme les demandes des gouvernements extérieurs, l'assimilation culturelle et la disparition de leur base économique traditionnelle, se sont ajoutés aux tensions internes qui secouaient déjà les communautés.

Malgré ces difficultés, les efforts des Premières nations pour assurer la survie de leur identité et de leur culture témoignent de leur résilience. Dans ce contexte, la relation entre le parc national des Îles-du-Saint-Laurent et les Premières nations de la région a joué et continue à jouer un rôle en ce qui concerne la reconnaissance et le renforcement de la contribution des peuples autochtones au sein de la société canadienne de même qu'à la protection du patrimoine vivant de la communauté pour les générations futures.

Or, Parcs Canada n'a pas toujours défendu ce modèle de coopération. La création de certains des premiers parcs nationaux a forcé des populations autochtones à déménager, et certains autres groupes autochtones dont la vie était étroitement liée à ces terres n'ont pas eu voix au chapitre quant à l'établissement de ces réserves naturelles. C'est au cours des années 1970 que le Canada a redéfini ses relations juridiques et constitutionnelles avec les peuples autochtones, et Parcs Canada a emboîté le pas. L'Agence a amorcé des changements stratégiques et législatifs qui faisaient foi de l'acceptation récente des perspectives autochtones entourant les ressources et de la contribution de ces derniers à leur conservation. Depuis, de nombreux groupes autochtones ont établi une relation avec Parcs Canada et sont en mesure d'éclairer les décisions qui touchent les parcs nationaux, les aires marines nationales de conservation et les lieux historiques nationaux.

Jusqu'ici, le partenariat élaboré au parc a produit des résultats positifs pour les deux parties. Par exemple, le bulletin des Îles-du-Saint-Laurent, L'Écho des pins, publie des articles signés par des aînés autochtones; divers employés du parc, dont des étudiants, ont été recrutés dans la communauté locale; un camp d'été propose aux jeunes des Premières nations de découvrir leur culture. Mais surtout, le parc 2010 Management Plan / Plan directeur 2010tire profit du savoir traditionnel des aînés et de la façon responsable avec laquelle ils ont conservé les ressources, tout en offrant aux visiteurs des occasions d'apprentissage toujours plus intéressantes et des expériences uniques et mondialement recherchées axées sur le patrimoine naturel et culturel du Canada.

L'année 2011 marque le centenaire de Parcs Canada. Parcs Canada a été le premier service de parcs nationaux au monde à se consacrer la protection, à la découverte et à l'interprétation du remarquable patrimoine de notre pays. Guidé par une approche holistique de la conservation et de la mise en valeur des ressources, le plan directeur du parc national des Îles-du-Saint-Laurent de 2010 témoigne éloquemment du respect et de la volonté que l'Agence Parcs Canada tend à concrétiser en s'efforçant de trouver un terrain d'entente avec les multiples intervenants avec lesquels elle souhaite collaborer et grandir au bénéfice de tous. 

Ressources :

  • Parc national des Îles-du-Saint-Laurent, site Web de Parcs Canada, http://www.pc.gc.ca/fra/pn-np/on/lawren/natcul.aspx (en français),
  • Steve Langdon, Rob Prosper et Nathalie Gagnon, « Deux voies, une direction : Parcs Canada et les peuples autochtones travaillent de concert », The George Wright Forum, vol. 27, no 2, (2010) pp. 222-233, http://www.georgewright.org/272langdon.pdf
  • Don Ross, St. Lawrence Islands National Park, (Toronto: Douglas and McIntyre, 1983).

 Liste des désignations du Bureau d'examen des édifices fédéraux du patrimoine (BEEFP) à l'intérieur du parc : 

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