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Maison Crémazie

60, rue Saint-Louis, Québec, Québec, G1R, Canada

Reconnu formellement en: 1961/12/06

Maison Crémazie; Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Jean-François Rodrigue, 2004
Vue avant
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Autre nom(s)

Maison Crémazie
Maison William-Smith

Liens et documents

Date(s) de construction

1830/01/01 à 1831/09/01

Inscrit au répertoire canadien: 2008/04/17

Énoncé d'importance

Description du lieu patrimonial

La maison Crémazie, classée en 1961, est une résidence urbaine construite en 1830 et 1831. Cette demeure en pierre, de plan rectangulaire à trois étages et demi, est coiffée d'un toit à deux versants droits percé de lucarnes. La façade comprend une porte cochère. Contiguë à d'autres habitations, la résidence possède un mur coupe-feu se prolongeant au-delà du toit. La maison Crémazie est située en bordure d'une des plus anciennes rues de la ville, au coeur de l'arrondissement historique du Vieux-Québec.

Valeur patrimoniale

La valeur patrimoniale de la maison Crémazie repose sur son intérêt architectural. La demeure témoigne de l'influence néoclassique sur l'architecture résidentielle urbaine et est représentative des maisons de la première moitié du XIXe siècle à Québec. Elle traduit une nouvelle façon d'habiter importée par les Britanniques. Dès les premières décennies du Régime anglais, une ségrégation sociale est perceptible dans le développement urbain de Québec, notamment à la haute-ville. Ainsi, les militaires et l'élite anglophone s'approprient le secteur situé au sud de la rue Saint-Jean. La trame urbaine se densifie rapidement, entraînant la construction de maisons en rangée et d'édifices plus haut afin de compenser l'étroitesse des lots. Certaines résidences sont dotées d'une porte cochère donnant accès à des écuries situées dans la cour arrière. La maison Crémazie, érigée en 1830 et 1831 d'après les plans de l'architecte John Phillips (vers 1789-1859), est représentative de la maison urbaine notamment par sa maçonnerie de pierre, ses murs mitoyens, son mur coupe-feu, son troisième étage traité en attique, son porche néoclassique et sa porte cochère. Avec son imposante façade et sa situation en bordure de la rue Saint-Louis, elle témoigne du statut social de ceux qui l'ont occupée.

La valeur patrimoniale de la maison Crémazie repose aussi sur son association avec John Phillips et Robert Jellard (vers 1783-vers 1851). Originaire du comté de Hampshire en Angleterre, Phillips émigre au Bas-Canada en 1812. Il s'installe à Québec, où il travaille comme architecte et maître maçon. Au cours de sa carrière, il supervise notamment l'agrandissement de l'église St. Andrew (1823) et réalise la maçonnerie de l'aile ouest de l'hôpital de la Marine (1832-1834, démoli). Il construit aussi un grand nombre de maisons bourgeoises en pierre. Phillips agit comme promoteur immobilier : il acquiert des terrains, les développe et les revend. À titre d'exemple, il achète plusieurs lots dans le faubourg Saint-Louis, sur lesquels il élève plus d'une vingtaine de maisons en l'espace de trente ans. Dans cette entreprise, il collabore à plusieurs occasions avec Robert Jellard, un maître menuisier et maître charpentier réputé de Québec originaire du comté de Devon en Angleterre. Ensemble, ils érigent au moins six résidences contiguës le long de la rue Saint-Louis, dont la maison Crémazie. Ainsi, cette dernière illustre les réalisations d'entrepreneurs qui figurent parmi les plus prolifiques à Québec durant la première moitié du XIXe siècle et reflète les pratiques de spéculation immobilière de certains artisans de la construction à cette époque.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Crémazie liés à sa représentativité comme maison urbaine de la première moitié du XIXe siècle comprennent, notamment :
- sa situation en bordure d'une rue ancienne, dans un tissu urbain dense, au coeur de l'arrondissement historique du Vieux-Québec;
- sa contiguïté avec d'autres bâtiments;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de trois étages et demi ainsi que le toit à deux versants droits percé de lucarnes à croupe;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre de grès et la couverture en tôle à baguettes;
- le mur coupe-feu supporté par un corbeau et surmonté d'une large souche de cheminée;
- l'ordonnance régulière des ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à battants et à petits carreaux encadrées d'un chambranle mouluré, le portail (formé d'une porte à panneaux encadrée de pilastres à chapiteau ionique supportant un entablement classique) ainsi que le traitement en attique du troisième étage;
- la porte cochère en brique à arc surbaissé desservant la maison et les propriétés voisines.

Reconnaissance

Juridiction

Québec

Autorité de reconnaissance

Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine

Loi habilitante

Loi sur les biens culturels

Type de reconnaissance

Monument historique classé

Date de reconnaissance

1961/12/06

Données sur l'histoire

Date(s) importantes

s/o

Thème - catégorie et type

Catégorie de fonction / Type de fonction

Actuelle

Commerce / Services commerciaux
Magasin ou commerce de vente au détail
Résidence
Édifice à logements multiples

Historique

Résidence
Logement unifamilial

Architecte / Concepteur

Joseph-Pierre Ouellet

Constructeur

Robert Jellard

Informations supplémentaires

Emplacement de la documentation

Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. 225, Grande Allée Est Québec (Québec) G1R 5G5

Réfère à une collection

Identificateur féd./prov./terr.

92638-81361

Statut

Édité

Inscriptions associées

s/o

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